biographie

plasticienne franco-ivoirienne

Aujourd’hui  reconnue  en Afrique et sur l’international  pour son expertise  sur les Industries  Culturelles et Créatives (ICC), VALÉRIE OKA a un parcours atypique. 

De mère Française et de père Ivoirien, Valérie est née à Abidjan en Côte d’Ivoire le 22 janvier 1967. A l’âge de 8 ans, elle part en France pour poursuivre ses études.

En 1985, elle matérialise sa passion pour l’art à l’ESAG (Ecole Supérieur des Arts Graphique et d’Architecture intérieur de Paris) d’où elle obtient, en 1990, son Master avec mention. Après cinq ans comme Directeur de Création en agence de publicité et plusieurs expositions qui signent son entrée sur la scène internationale, Valérie rentre en Côte d’Ivoire, son pays natal, où elle intègre l’agence « Indigo » de Jean-Philippe KABORE. Puis elle ouvre son propre Bureau de style.  Son travail remarqué, lui vaut de travailler avec les plus  grandes  entreprises  de  la  place.

Poursuivant parallèlement sa carrière artistique, exposant ses œuvres dans les plus grandes galeries et espaces prestigieux en Afrique (Côte d’Ivoire, Sénégal, Nigéria, Afrique du sud, Mali…) et dans le monde (France, Grande Bretagne, Belgique, Suéde, Chine …), VALÉRIE OKA est maintenant une figure incontournable de la scène de l’art contemporain en provenance d’Afrique. Elle remporte plusieurs prix, notamment  le 1er Prix de l’Union Européenne à la Biennale de Dakar. Ses œuvres sont présentes dans les collections privées et dans celles de plusieurs fondations et musées (Fondation Blachère, Fondation Frances, Fondation Lettera27, Moleskine, WIEL, …).

En 2004,  elle intègre  le Ministère  du Tourisme  où elle est chargée de l’image de la destination Côte d’Ivoire et du relooking  de  Côte  d’Ivoire  Tourisme,  office  national  du  tourisme.  Puis  Valérie  reste  trois  ans  Conseiller Technique du Ministre  de l’Environnement,  des  Eaux  et Forets  avant  de s’envoler  pour  la Chine,  où elle occupe le poste de Directeur de la Communication, des Arts et de la Culture du groupe panafricain ZULOGA.

De retour en Côte d’Ivoire en 2011, Valérie rentre au Ministre de l’Intégration Africaine au titre de Conseiller Technique, où elle a à charge de développer et accorder une place particulière à l’intégration africaine culturelle.

Présidente de la Commission Culture de l’UNESCO pour la Côte d’Ivoire, Présidente  du  Jury  national  de  Clap  Ivoire  en  2014,  Vice  présidente  du  Congrès  Culturel  Panafricain  de l’Union  Africaine  depuis  2015, Membre du Jury au FESPACO 2017,

VALÉRIE OKA est régulièrement sollicitée pour prendre part à différentes rencontres culturelles africaines et partager son expérience en la matière. 

En 2016, suite au succès de ses expositions en Belgique, France, et Suède, VALÉRIE OKA est consacrée 3eme meilleure artiste africaine d’art contemporain par INTO THE CHIC de Jeune Afrique. Elle comptabilise aujourd’hui plus de 350.000 références sur le net et une page de l’encyclopédie Wikipédia lui est dédiée.

Nommée en mars 2018 parmi les 30 femmes les plus influentes de Côte d’Ivoire, « A  coup  sûr,  VALÉRIE  OKA  est  une  figure  et  un  accélérateur du mouvement de l’art dans notre région.» dit  le  Professeur  YAKOUBA  KONATE 

valerie oka | LA CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE

Premières créations artistiques de ce genre en Afrique subsaharienne, où le « dessin traditionnel au crayon » fusionne avec le « digital » et la « réalité virtuelle », avec ses nouveaux travaux, Valérie Oka relève le défi du numérique dans l’art en particulier et plus globalement, souligne les enjeux des industries culturelles et créatives des pays du sud à l’ère digitale.

Construite comme une performance et présentée comme une installation, « LA CARTE N’EST PAS LE TERRITOIRE » met en exergue, en 3 actes, d’une part, des Figures emblématiques de l’Afrique et du peuple noir qui ont marqué l’histoire, et d’autre part, un savoir faire technologique numérique lié à l’expression de la liberté créative de l’artiste internationale d’origine ivoirienne, Valérie OKA qui est passionnée par les nouvelles technologies numériques et les possibilités qu’elles offrent, à l’Afrique, de raconter, partager et diffuser son histoire avec ses propres mots et ses visions du monde. Le but est de permettre aux Africains de s’approprier leurs héros et au reste du monde de les découvrir.

Avec ce travail, moitié réel et moitié virtuel, Valérie Oka questionne ici les frontières entre l’histoire racontée et la vérité historique, entre « représentation »   et « chose représentée », entre le réel et le virtuel, et fait tomber les barrières de notre regard sur le monde, entre le spectateur et l’œuvre d’art placés sur des niveaux de logique différents.

C'est en voulant brisé cette sensation que l’artiste qualifie elle-même de "rigide", que la plupart d'entre nous avons vis à vis du numérique, que Valérie Oka a orienté ses recherches techniques depuis plus de 6 ans : « Une nouvelle technique alliant la sensualité tactile du dessin sur papier, le numérique et la réalité virtuelle » dit elle.

Pour elle les outils traditionnels tel que le crayon, la craie, le feutre, l’encre et le numérique se complètent parfaitement. Cependant, dessiner sur une feuille de papier (ou tout autre support matériel) reste la seule façon de conserver ce trait caractéristique du média traditionnel. Car pour l’instant, aucun matériel numérique (à ma connaissance) ne parvient à imiter parfaitement les frottements du crayon sur le papier.

Ses derniéres installations de dessins portraits sont le fruit de ses recherches technologiques qui ont abouti à un nouveau procédé artistique donnant une impulsion inédite à cette sensation sensuellement tactile du dessin au crayon.

 

Que signifie « La carte n’est pas le territoire » ?

L’histoire racontée n’est pas ce qu’elle est réellement car, « Représentation » et « choses représentées » sont sur deux niveaux de logiques différents.

Les incompréhensions et les conflits proviennent, le plus souvent, de la confusion que nous faisons entre la « carte » et le « territoire ». Notre représentation de la réalité correspond à « notre carte du monde » ou tout du moins à la vision que nous en avons.

Pour l’artiste, la capacité de voir et comprendre l’histoire du peuple noir est teintée, déformée par nos propres filtres sous le prisme de nos croyances fortifiantes ou limitantes.

C’est ce qu’il se passe au sujet de l’Afrique dans un contexte global. Aussi bien du point de vue des africains et de celui des occidentaux, du monde en général.

Le regard sur l’histoire est-il déterminé ! La vérité a-t-elle une histoire ?

 

À l’heure où les peuples d’Afrique luttent pour s’unir et mieux forger ensemble leurs destins respectifs, une meilleure connaissance du passé de l’Afrique, une prise de conscience des liens qui unissent les Africains entre eux et l’Afrique aux autres continents devraient faciliter, dans une grande mesure, la compréhension mutuelle entre les peuples de la terre, mais surtout faire connaître un patrimoine culturel qui est le bien de l’humanité tout entière. (Bethwell Allan OGOT, Président du Comité scientifique international pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique ; Extrait de la Présentation du Projet, Volume 7, p. 19)

«  J’interpelle notre propre Vision du monde, nos visions sur l’Afrique et le peuple noir, dans un contexte global travesties par des siècles de communication fabriquée par l’occident. » dit l’artiste en ajoutant : « Quelqu’un m’a dit un jour « Personne n’a la possibilité de voter pour ou contre l’évolution ou le changement, nous n’avons que le choix individuel d’évoluer ou de se laisser dépasser ! ». La carte n’est pas le territoire !

PULSIONS | VALERIE OKA | LA ROTONDE DES ARTS | YACOUBA KONATE

Les œuvres de Valérie font partie d’un travail de recherches que l’artiste mène sur les relations humaines et interpersonnelles, sur la relativité entre les choses et les limites imposées par les conventions sociales. Pour Valérie, les traumatismes émotionnels hérités du passé, agissent continuellement en nous comme des prisons visuelles, qui prennent au piège notre mental, sous l’impulsion de l’ego et de ce que nous avons fait des blessures du passé.

Valérie Oka expérimente l’interrelation perverse et conflictuelle des émotions, des programmations mentales inconscnientes qui dirigent nos comportements et nos façons de comprendre les choses. Elle recherche ce que la mise en relation des mots, « histoire », « verité historique », « passé », « présent », « futur »,  « peur » et « traumatismes émotionnels » peuvent vouloir dire pour chacun de nous. En cela, son travail qui recourt de façon simultanée à différents médiums et disciplines artistiques, porte une charge symbolique, philosophique et métaphysique.

Echanger, dire, observer pour finalement, peut être, dans l’instant présent, être en capacité d’accepter la coexistence des émotions comme une partie de ce qui EST, tout simplement : c’est cette proposition pratique qu’elle tente de mettre en scène dans son travail artistique en donnant à voir le « réel » dans les reliefs de sa vérité expressive. Certes la technique des images et des installations scéniques spécifiques dévoile des pans de réalités intimes et personnelles. Mais au-delà, c’est la réalité sociologique toute entière, nos échanges sociaux, notre « commerce » en société qui sont interpellés. La façon d’être de l’artiste et sa manière de « dire » les choses, visent à établir un déclic qui invite chacun à l’infinie exploration de ses propres visions du monde.

Dans un processus d’appropriation direct du réel, avec une note humoristique, apparait le monde des espoirs, des échecs, des succès et des humiliations. Pour Valérie Oka, l’art ne se confine pas dans un monde étriqué. C’est un moyen d’élargir les points de vues individuels, de construire des relations humaines comme des maillons et des liens avec la vie. L’art connecte la source de l’inconscient dont les  contenus se révèlent alors aussi essentiels que la vie en elle-même.